Le valet TABARIE dit FONTAINE


Jean Jacques Frédéric TABARIE, naîtra le 16 septembre 1765 en France à Lisieux dans le Calvados. Il se mariera avec Marie Anne Moreau lingère le 17 nivôse an 02 à Saint-Aignan (41).A l’occasion de son mariage le Duc Paul Marie Victoire de BEAUVILLIERS sera son témoin.

Famille
de BEAUVILLIERS

TABARIE dit Fontaine était son valet. Originaire de Lisieux son surnom lui sera propablement attribué par la présence de nombreuses fontaines dans cette ville . Extrait de l’article de A.J.L. Dingremont:" ------- C'est au haut de la rue de Paris qu'est placé le réservoir qui distribue les eaux aux divers quartiers de la ville, et que l'on nomme la belle Fontaine. Ces eaux viennent des sources nommées les Rouges-Fontaines, à cause des petites portes rouges qui ferment chacune d'elles. Ces fontaines paraissent remonter au XVe siècle -------. Il y a Lisieux quinze fontaines publiques et cinq pompes. La Belle-Fontaine, nommée autrefois la Fontaine Cabot ---."

Il existe des correspondances clandestines que Fontaine et ses malheureux maîtres échangèrent lors de leurs arrestations et exécution dans les dernières charrettes de la guillotine.

Peu de temps après l’arrestation du duc et de la duchesse de BEAUVILLIERS, le couple de serviteur les " FONTAINE " suivront leurs maîtres à Paris. Ils resteront fidèles et d’un grand dévouement durant le séjour à la prison de saint Lazare. TABARIE accompagnera son maître jusqu’à l’heure de son exécution. Jean Jacques Frédéric TABARIE et sa femme Marie Anne MOREAU seront logés 3 rue de Vaugirard, faubourg Saint-Germain, près de la rue Garancière. A cette adresse, ils reçurent presque tous les jours de leurs maîtres, des billets portant le cachet d’un censeur et d’autres non contrôlés qui permirent au couple BEAUVILLIERS de ne pas être coupés de leurs relations.

Voici la transcription de quelques lettres (voir source ci-dessous):

16 messidor An II

" Dis, je t ‘en prie, mon cher Fontaine, au citoyen Rabot qi’il me fera un bien grand plaisir en me procurant un lit à fond sanglé pour ma femme. Elle ne peut dormir, étant trop mal coucheé et étant l’un et l’autre mangés de punaises et de puces. A demain. J’ai reçu ce que tu m’as fait passer. Apporte-nous demain une livre et demie de groseilles rouges et une demi-livre de blanche-----------. "

21 messidor An II

" J’ai craint, ces jours, qu’elle ne fasse une fausse couche. Elle est bien ce matin. Tu dois concevoir ce que j’ai souffert. Elle gardera son lit encore un ou deux jours. Passe chez le citoyen Martin, savoir si les scellés sont levés. Pas reçu les cerises et les groseilles. Signature : Beauvilliers, Pour le citoyen Fontaine ".

6 thermidor An II

" Je te préviens, mon cher concitoyen, que nous avons été transférés hier de Lazare à la Conciergerie, où nous monterons ce matin, Adieu. Tu sais combien nous sommes innocents. Aussi sommes-nous tranquilles. Signature : Beauvillier, au citoyen Fontaine rue de Vaugirard, faubourg Saint-Germain au coin de celle Garancière n°IIIem ". Paul Marie Victoire de BEAUVILLIERS sera guillotiner le 23 thermidor An II.
Jean Jacques Frédéric TABARIE et sa femme continueront d’apporter leur soutien à la femme de BEAUVILLIERS, Françoise Camille de BERENGER jusqu’au jour de sa libération.

12 thermidor An III

" N’ayez nulle inquiétude, mon cher Fontaine. Vous ne manquerez de rien. J’ai encore assez de ressources pour reconnaître l’attachement que vous n’avez cessé de témoigner à votre malheureux maître. Envoyez-moi un petit relevé très court de votre mémoire et de ce que vous avez reçu, vous serez payé. "

11 fructidor An III

" Ne vous impatientez pas, mon cher Fontaine, je vous en prie. Il ne faut pas croire qu'il soit aussi facile de terminer mes affaires que si je n'étais pas condamnée. Ma cause est bien bonne, mais il faut pour moi une décision particulière. Dites au citoyen que mes malheurs ne m'empêchent pas de sentir bien vivement sa liberté. Dite lui que ma confiance et mon attachement ne finiront qu'avec ma vie. Qu'il ne parte pas sans me le faire dire ! Il me faut une attestation de St. Aignan de ma bonne conduite. Il pourra m'être utile. Adieu, mon cher, ne vous désolez pas, cela me ferait de la peine et augmenterait mon ennui. Adieu. Bien des choses à votre femme, à la citoyenne Bretheau, à sa fille ". Quelques temps après la citoyenne BEAUVILLIERS était rendue à ses enfants.

En l'an 1796 la Duchesse Françoise Camille de BERENGER était présente à la naissance de leur premier enfant. Puis, nous retrouvons notre ancêtre TABARIE en l’an 07 fabricant drapier de Saint-Aignan

L’origine commune à notre famille " BODEAU, TABARIE" viendrait de la grand-mère de Jean Jacques Frédéric TABARIE, Marie DROUET. Cette grand-mère a été inhumée le 20 décembre 1781 à FERVACQUES (14). La grand-mère de Paul Marie Victoire de BEAUVILLIERS, s’appelait Nicole de BULLION, marquise de FERVAQUES. C’est par cette famille que le jeune Jean Jacques Frédéric TABARIE aurait pu se retrouver au service des BEAUVILLIERS à Paris, rue St. Avoye et après le mariage du Duc, Jean Jacques Frédéric TABARIE suivra ses maîtres à Saint-Aignan ou il épousera Marie Anne MOREAU, lingère et qui l’accompagnera à Paris durant la Terreur.

SOURCES

AC. de Saint-Aignan, registre BMS et AD. du 41
et aussi
Jean Louis LONGÉ : Etude du patronyme TABARIE aux AM des départements 41 et 14

Collection particulière: gravure en aquatinte originale vers 1830 intitulée:"Madame de St Aignan" par Johannot (27x19cm)

Collection particulière: Carte Postale, le château de Saint-Aignan (XVe XVIe siècles), l'escalier d'honneur, LL

SOURCE IMPRIMÉE

" Saint-Aignan, mille ans d’histoire ", de René Guyonnet
Tome IX
Saint-Aignan-sur-Cher, de la terreur à la restauration
Pages : 55, 75 et 76
Tome VI
Saint-Aignan-sur-Cher, au temps de ses derniers seigneurs.

Chapitre VI, de la prison de Saint-Lazare à l'Hospice de l'Evêché.
Pages: 81 à 100
Editions N.D.T.
B.n.F.Tolbiac - Rez-de-jardin - magasin
Cote:4- LK7- 59514 (8 & 9) support imprimé

INTERNET

BM. Lisieux

Bibliothèque Municipale de Lisieux (Calvados)
Article: Origine des noms de quelques rues de Lisieux
Auteur: A.J.L. Dingremont